בעזרת ה׳ יתברך

 Keren Rachel

Association bénévole de Rencontres Juives en vue du Mariage

 Fondée sur le mérite de Madame Rachel Benchetrit

לעלוי נשמת רחל בן שטרית בת יעקוט ורב דוד לרדו נ״ע

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Le Mariage Juif

UNE PRIERE POUR TROUVER SON CONJOINT SELON MARAN HA'HIDA

Prière pour se marier

 

UNE PRIERE POUR  CELLE QUI DESIRE TROUVER SON EPOUX SELON  LE CHLAH HAKADOCH

 

יְהִי רָצוֹן מִלְּפָנֶיךָ ה' אֱלֹהַי וֵאלֹהֵי אֲבוֹתַי, שֶׁתַּמְצִיא לִי בְּרַחֲמֶיךָ הָרַבִּים וּבַחֲסָדֶיךָ הַגְּדוֹלִים אֶת זִוּוּגִי הָרָאוּי לִי בִּזְמַנוֹ, זִוּוּג הָגוּן הָרָאוּי לְהוֹלִיד, תַּלְמִיד חָכָם, גָּדוֹל בְּתוֹרָה וּבְיִרְאָה, מִזֶּרַע צַדִּיקִים וְאַנְשֵׁי אֱמֶת וְיִרְאַת חֵטְא, כְּמוֹ שֶׁהִמְצֵאתָ זִוּוּגוֹ לְאָדָם הָרִאשׁוֹן, לְאַבְרָהָם וְיִצְחָק וְיַעֲקֹב וּמֹשֶׁה, כָּל אֶחָד זִוּוּגוֹ בְּעִתּוֹ וּבִזְמַנּוֹ. וְאוֹתוֹ אִישׁ שֶׁתַּמְצִיא לִי לְזִוּוּגִי יְהֵא אִישׁ טוֹב, אִישׁ נָאֶה בְּמַעֲשָיו בַּעַל מַעֲשִׂים טוֹבִים, בַּעַל חֵן, אִישׁ מַשְׂכִּיל וִירֵא אֱלהִים, רוֹדֵף צְדָקָה וְגוֹמֵל חֶסֶד. וְלֹא יְהֵא בּוֹ שֵׁמֶץ פְּסוּל וּמוּם וּפְגָם, וְלֹא יְהֵא כַּעֲסָן וְרַגְזָן, רַק בַּעַל עֲנָוָה וּנְמִיכוּת רוּחַ, בָּרִיא וּבַעַל כֹּחַ. וְאַל יְעַכֵּב אַכְזְרִיּוּת הַבְּרִיּוֹת וְשׂוֹנְאִים וּמַחְשְבוֹתֵיהֶם וְתַחְבּוּלוֹתֵיהֶם לְעַכֵּב אֶת בֶּן זוּגִי שַהוּכַן לי. יִהְיוּ לְרָצוֹן אִמְרֵי פִי וְהֶגְיוֹן לִבִּי לְפָנֶיךָ, ה' צוּרִי וְגֹאֲלִי.

Yéhi ratson miléfané'ha Ado-naï élo-ay vélo-ey avotay, chétamtsi li véra'hamé'ha arabim ouva'hasadé'ha agédolim ète zivougi araouy li bizmano. Zivoug agoune araouy léolid talmid 'ha'ham gadol batora ouvayira mizéra tsadikim véanché émèt véyirat 'hte, kémo chéimtséta zivougo léadam harichon, léavraham véits'hak véyaakov oumoché, kol é'had zivougo béyito ouvizmano. Véoto ich chétamtsi li lézivougi yehé ich tov, ich naé bemaassav, baal maassim tovim, baal 'hèn, ich maskil viyré élo-him, rodèf tsédaka végomèl 'hassèd. Vélo yehé vo chémèts péssoul oumoum vélo yehé kassan véragzan rak baal anava ounmi'hout roua'h. Bari ouvaal koa'h, véal yaakèv a'hzariout abriot véssonim ouma'hchévotéèm véta 'hboutoléèm léakèv et bèn zougi haogèn li. ״ Iheyou leratson imré fi véégione libi lefané'ha Ado-nai tsouri vegoali ״

 

אנא יְיָ אֵל רַחוּם וְחַנּוּן אֶרֶךְ אַפַּיִם וְרַב חֶסֶד וֶאֱמֶת בטל נא ממני כל עיכובים ותשגיח נא עלי בעין חמלתך כדכתיב:" "הִנֵּה עֵין יְיָ אֶל יְרֵאָיו לַמְיַחֲלִים לְחַסְדּוֹ" וכשם שהמצאת לאדם הראשון את זיווגו בעיתו ובזמנו כך סייע בידי ותמציא לי ברחמים גדולים ובחסדים עצומים את בן מזלי בחיר ליבי משורש נשמתי חיש קל במהרה ותשרה בנינו תמיד אהבה ואחווה שלום ורעות. ואל יהיו עוונותיי מונעים הטוב ממני וברכני נא בברכה הכתובה בתורתך:"יְבָרֶכְךָ יְיָ וְיִשְׁמְרֶךָ, יָאֵר יְיָ פָּנָיו אֵלֶיךָ וִיחֻנֶּךָּ, יִשָּׂא יְיָ פָּנָיו אֵלֶיךָ וְיָשֵׂם לְךָ שָׁלוֹם, וְשָׂמוּ אֶת שְׁמִי עַל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וַאֲנִי אֲבָרְכֵם" אֲדֹנָי שְׁמָעָה אֲדֹנָי סְלָחָה אֲדֹנָי הַקֲשִׁיבָה וַעֲשֵׂה אַל תְּאַחַר יִהְיוּ לְרָצוֹן אִמְרֵי פִי וְהֶגְיוֹן לִבִּי לְפָנֶיךָ יְיָ צוּרִי וְגֹאֲלִי. בָּרוּךְ יְיָ לְעוֹלָם אָמֵן וְאָמֵן.

 

 

UNE PRIERE POUR CELUI QUI DESIRE TROUVER SON EPOUSE

 

אנא יְיָ אֵל רַחוּם וְחַנּוּן אֶרֶךְ אַפַּיִם וְרַב חֶסֶד וֶאֱמֶת בטל נא ממני כל עיכובים ותשגיח נא עלי בעין חמלתך כדכתיב:" "הִנֵּה עֵין יְיָ אֶל יְרֵאָיו לַמְיַחֲלִים לְחַסְדּוֹ" וכשם שהמצאת לאדם הראשון את זיווגו בעיתו ובזמנו כך סייע בידי ותמציא לי ברחמים גדולים ובחסדים עצומים את בת מזלי בחירת ליבי משורש נשמתי חיש קל במהרה ותשרה בנינו תמיד אהבה ואחווה שלום ורעות. ואל יהיו עוונותיי מונעים הטוב ממני וברכני נא בברכה הכתובה בתורתך:"יְבָרֶכְךָ יְיָ וְיִשְׁמְרֶךָ, יָאֵר יְיָ פָּנָיו אֵלֶיךָ וִיחֻנֶּךָּ, יִשָּׂא יְיָ פָּנָיו אֵלֶיךָ וְיָשֵׂם לְךָ שָׁלוֹם, וְשָׂמוּ אֶת שְׁמִי עַל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וַאֲנִי אֲבָרְכֵם" אֲדֹנָי שְׁמָעָה אֲדֹנָי סְלָחָה אֲדֹנָי הַקֲשִׁיבָה וַעֲשֵׂה אַל תְּאַחַר יִהְיוּ לְרָצוֹן אִמְרֵי פִי וְהֶגְיוֹן לִבִּי לְפָנֶיךָ יְיָ צוּרִי וְגֹאֲלִי. בָּרוּךְ יְיָ לְעוֹלָם אָמֵן וְאָמֵן.

 

 

CONSEILS

Le Rabbi  de Loubavitch

 

Le Rabbi de Loubavitch nous enseigne : lorsqu'est venu le moment de se marier, on se fixera deux qualités essentielles et souhaitées chez notre futur conjoint.

Quand on aura trouvé dans la personne rencontrée ces deux seuls critères essentiels que l'on se sera fixé : on pourra se marier.

Après le mariage, on constatera que mêmes les détails y sont.

 

 

 

Basé sur une conférence donnée par le Rav Leibel Groner

Je suis certain que nos jeunes et leurs parents sont impatients de faire les choses. Je suis heureux de discuter avec eux quelques-uns des conseils que le Rabbi de Loubavitch a fréquemment énoncé.

  

 

Trouver un de chiddou'h est un processus. Pour certains, le processus va, Barouh Hashem, rapidement, tandis que pour d'autres, il prend plus de temps. Par exemple : à la fin des années 1940 il y avait un jeune homme au 770 qui avait de grandes difficultés à se marier. Pourquoi ? Chaque fois qu'un nom lui était proposé, il demandait conseil au Rabbi précédent et à chaque fois, le Rabbi disait non. Cela s'est passé 5 ou 6 fois au cours de quelques mois. Le jeune homme compris que si le Rabbi avait rejeté toutes les propositions, cela voulait dire qu'il n'était pas destiné à se marier et qu'il devait passer sa vie assis à étudier la Torah et il déclina toutes les propositions qui lui étaient faites sans consulter le Rabbi. Après un certain temps, le Rabbi lui-même lui demanda s'il n'avait plus de propositions. Le jeune homme lui dit qu'il pensait qu'il n'était pas fait pour se marier vu que le Rabbi refusait chaque proposition.
Le Rabbi précédent lui répondit alors par une histoire : le Rabbi de Berditchev avait un fils nommé Reb Meir qui décéda alors qu'il était jeune, laissant derrière lui plusieurs enfants en bas âge. Lorsque le moment fut venu de marier le plus âgé, le Rabbi de Berditchev demanda à tous les chad'hanim de lui faire des propositions, annonçant qu'il récompenserait chaque chiddou'h. Les offres affluèrent et le Rabbi de Berditchev les refusa toutes, mais paya comme convenu pour chaque nom proposé. A tel point que les chad'hanim se réunirent et décidèrent de cesser les propositions afin de ne pas lui faire gaspiller son argent. Lorsque le Rabbi de Berditchev remarqua qu'aucun nom ne lui était plus proposé, il en demanda la raison aux chadh'anim.Il existe de nombreux chadh'anim dans le ciel et chacun propose son idée : Gittel est peut-être bon pour lui, non, je pense Shprintza, ou Baila... jusqu'à ce que D-ieu décide... C'est pour cette raison que nous devons passer par toutes les idées proposées jusqu'à ce que nous atteignions le "mazal". Quand un chiddou'h prêt à se faire ne s'organise pas, c'est parce qu'en Haut, il y avait deux prétendants et que D-ieu à la dernière minute est venu à une conclusion. Chaque fois que le Rabbi de Berditchev refusait un chiddou'h, il savait que le jeune homme se rapprochait de la bonne, et il payait chaque étape qui rapprochait du "but". De toute évidence, le jeune homme redemanda conseil au Rabbi pour les offres qui lui étaient faites de nouveau. Quelques semaines plus tard, le nom de son "mazal" lui fut proposé, et lorsqu'il demanda conseil, le Rabbi indiqua que c'était une bonne idée : le jeune homme se maria et aujourd'hui, il a de nombreux petits-enfants et arrière-petits-enfants, Barou'h Hashem. Les parents ne devraient pas être désabusés et déprimés si le processus semble plus long pour leur enfant, et ils ne devraient certainement pas se permettre de penser que quelque chose ne va pas avec leur enfant, plus important encore, ils ne doivent pas transmettre leur sentiment à leur enfant que ce soit dans les mots, les expressions du visage ou dans un soupir.

 

EST-CE LA BONNE PERSONNE ?

 

Après tout, personne n'est parfait. Chacun a ses forces et faiblesses. Parfois, l'intellect établit que tout a un sens, mais le cœur n'est pas très heureux.  Parfois, le cœur est attiré par une personne mais l'intellect le met en garde.   Quel est le plus important, le cœur ou l'intellect ?
... Oui, il est vrai que l'intellect doit d'abord évaluer si la personne est compatible mais, après cela, seul le cœur peut prendre la décision finale.

 

PRENEZ VOTRE TEMPS, RIEN NE PRESSE

 

Certains demandent combien de fois un couple doit se rencontrer.

Un jour un jeune homme et une jeune fille demandèrent au Rabbi son avis pour savoir s'ils pouvaient se rencontrer. Le Rabbi acquiessa. Six jours plus tard, ils demandèrent sa bénédiction pour les fiancailles. Le Rabbi m'a demandé : "En six jours, ils peuvent prendre une décision pour toute une vie ? "
Un couple a besoin de temps pour prendre une telle décision. Ils ne doivent pas se voir à deux jours d'affilée car ils doivent prendre le temps de réfléchir clairement sur les choses : il est bien de se voir deux ou trois fois en une semaine.

* Il y a beaucoup de sujets à aborder.  Assurez-vous d'accomplir les objectifs, et ne pensez pas qu'à passer un bon moment. N'oubliez pas que vous êtes sur le point de décider si c'est la personne avec qui vous passerez votre vie. En plus de faire connaissance l'un l'autre, voyez si vous vous appréciez, et si vous vous comprenez.

C'est le temps de discuter de nombreux sujets graves. Rav Dworkin z"l se plaignait du fait que de nombreuses fois, il a dû résoudre des problèmes de chalom baït qui auraient pu être facilement évités si le jeune couple avait examiné les sujets pendant le chidou'h. Un large éventail de sujets auxquels le couple devrait faire face dans la vie doivent être explorés. Si les différences sont trop importantes, il est préférable de mettre fin au chidou'h plutôt que de faire face à des problèmes plus tard.

Chacun a sa propre liste de sujets importants, voici quelques suggestions : un foyer juif cachère ? une grande famille ? prendre un parent âgé, si cela devient nécessaire?  l'éducation des enfants ?  les rôles de l'homme et de la femme dans la maison ?  les questions d'argent (dettes, les cartes de crédit) ?  comment chacun entend faire plaisir ? quel type de lecture dans la maison?   meubles chers ou basiques ? quel genre de musique lors du mariage ? un engagement hassidique ou pas ? la télévision à la maison ?
Si celles-ci et d'autres questions essentielles sont abordées au préalable, de nombreux problèmes qui affligent les mariages plus tard seront évités. Discutez des questions cruciales de sorte que plus tard vous construirez une maison ensemble dans la vraie unité, plutôt que D-ieu en préserve, en désaccord.
Il s'agit d'une décision pour la vie. Si l'on a attendu vingt ans ou plus pour se marier, on peut attendre une semaine ou plus. Le Rabbi voulait s'assurer que le jeune homme et la jeune fille veulent véritablement se marier de leur propre gré et que cela ne soit pas juste l'idée des parents.
Il est clair que le Rabbi  estime que les parents sont là pour guider leurs enfants, mais ils ne doivent jamais imposer leur propre volonté et certainement jamais dire des choses comme : «Vous êtes de plus en plus vieux, vous n'avez pas le choix !" ou autres commentaires. Le Rabbi a été catégorique sur le fait qu'il ne fallait pas essayer de pousser le jeune couple. 

 

 

UNE HISTOIRE

Un Mariage Prédestiné

tiré du livre "Le Maguid parle..." d'Israël Spiegel

Le Rachach, Rabbi Chmouel Straschun, est une personnalité connue de tous et sa réputation n'est plus à faire. Talmid 'Ha'ham de renom (il a laissé un commentaire sur presque tout le Chass, qui accompagne la plupart des éditions du Talmud), il était également très riche, et il était aussi très apprécié de ses comtemporains pour son bon cœur et sa générosité.Il cherchait à aider ses frères moins bien lotis et, outre l'argent qu'il leur donnait de sa propre poche, c'est lui qui tenait la caisse communautaire de prêts -sans intérêts-, ce qui va sans dire, afin de faire, selon la recommandation de nos sages, du bien avec sa propre personne et ne pas se contenter de n'en faire qu'avec son argent. Les solliciteurs étaient toujours très aimablement reçus, le Rachach inscrivait scrupuleusement les sommes empruntées, fixait les échéances et, le moment venu, s'occupait également de recouvrir les dettes. Les sommes étaient parfois importantes : le Rachach, dans ce cas, n'hésitait pas à se montrer sévère si les emprunteurs ne respectaient pas leurs engagements, quitte à les aider en privé s'il le fallait.

Après ce bref aperçu de la personnalité du Rachach, on s'attendrait sans doute à ce qu'un homme aussi comblé, riche et respecté, choisisse pour sa fille un jeune homme réputé pour son érudition. Or, il n'en était rien...
Le gendre du Rachach était un jeune homme d'une érudition moyenne et n'atteignait certainement pas le niveau de connaissances que le Rachach eût été en droit d'exiger de tout prétendant.

Comment le Rachach avait-il fixé son choix ?

Commençons par le début. Le Rachach, comme nous l'avons dit, tenait la caisse de prêts. Il se faisait toujours un devoir d'inscrire immédiatement toute entrée ou sortie et de tenir son carnet à jour, et exigeait des emprunteurs qu'ils respectent leurs engagements. il n'oubliait jamais d'effacer une dette lorsqu'elle avait été remboursée, entièrement ou en partie -dans ce cas il ouvrait immédiatement un autre compte pour le restant de la dette, et il consultait régulièrement ses carnets pour vérifier qui avait remboursé ses dettes et qui devait encore de l'argent. Bref, ses carnets, étaient tenus avec une méticulosité qui tenait de la manie !

Un tailleur vint un jour solliciter un prêt assez important. Il expliqua qu'il se trouvait momentanément en difficulté : quelques centaines de roubles pour quelques mois le tireraient d'affaire. Le Rachach lui fixa une date pour l'échéance qu'il inscrivit, comme à l'ordinaire, dans son carnet de comptes.

Quelques mois plus tard, on frappe chez le Rachach. Celui-ci est plongé dans l’étude d’un passage très compliqué de la Guemara. Le front entre les mains, les sourcils froncés, il réfléchit. Il ouvre un livre, le lit avec attention, puis en ouvre un autre. On frappe avec insistance…

«-Entrez ! s’écrie le Rachach.Le Gadol qui a répondu d’une façon automatique, ne s’est pas vraiment rendu compte que le tailleur est entré, et qu’il se tient près de la porte, attendant timidement qu’on le remarque : il ne voudrait pas déranger le Rav, mais l’échéance est arrivée, et il veut se débarrasser de sa dette. Le Rachach continue à réfléchir. Inconsciemment cependant, il sent une présence étrangère.-Oui?

- C’est pour le prêt, explique le tailleur. Mais je ne veux pas vous déranger. Tenez, je pose l’argent, là, sur la table. Vous pouvez compter, la somme y est.

- Le Rachach prend la liasse de billets et la compte distraitement. Merci beaucoup, dit-il au tailleur. Je l’inscrirai tout à l’heure.

- Au revoir, et excusez-moi encore de vous avoir dérangé.»

Le tailleur parti, le Rachach, recommence à réfléchir avec une intensité accrue. Il relit le passage qu’il vient de consulter. Non, décidément, ce n’est pas réponse qu’il cherche. Avec un claquement sec, le Rachach referme le livre et en même temps, ferme sur lui les billets qu’il a glissés, sans faire attention, entre les pages du volume. Il faut qu’il comprenne parfaitement ce passage! De longues heures, le Rachach se concentre: rien d’autre n’existe plus pour lui. Il a oublié le tailleur, il a oublié les billets… Rien ne l'intéresse plus que la question qui le préoccupe. Lentement pourtant, ...il sent qu’il progresse... il commence à percevoir le problème dans son ensemble… A la fin de la matinée, enfin, le Rachach se lève, satisfait…

Il prend les différents livres qui l’ont aidé dans sa démarche, et les remet soigneusement à leur place.

Incroyable, mais vrai, le Rachach, si scrupuleux d’ordinaire, dont le soin à inscrire sans tarder les sommes les plus minimes, est légendaire, a oublié d’inscrire que Rabbi Zalman a remboursé sa dette…

Il ne se souvient de rien, comme un rêve qui s’évanouit au réveil sans laisser le moindre souvenir.

Incroyable… Les voies de la Providence Divine…

Quelques semaines plus tard, le Rachach remit ses comptes à jour. Tiens, le tailleur n’avait pas payé sa dette? Peut-être était-il dans la gêne? Le Rachach décida d’attendre encore un peu. Mais voyant que le temps passait, il convoque son débiteur :

«- Que se passe-t-il? Pourquoi n’avez-vous pas payé votre dette? L’échéance est passée depuis longtemps, et j’ai attendu plus que de coutume… Vous êtes dans l’embarras, peut-être?

- Ma dette? Bégaie, le tailleur, mais… je l’ai remboursée, j’ai apporté toute la somme le jour convenu!

- Comment?

- Mais oui, souvenez-vous! Vous étiez absorbé, j’ai laissé l’argent sur la table.

- Vous osez prétendre que vous me l’avez remboursée, que vous l’avez mis sur la table! Non, mon ami, vous ne m’avez rien rendu! Mais je veux bien attendre encore un petit moment, puisque cet argent semble vous faire défaut. Seulement, soyez gentil, ne me racontez pas d’histoires!

- Mais, je ne raconte pas d’histoires, insiste le petit tailleur ulcéré. Je vous ai remis l’argent!

- Vous ne m’avez remis aucun argent: voyez le registre! Vous savez bien que j’efface toujours les dettes dès qu’elles sont remboursées. Je n’ai jamais reçu d’argent. N’insistez pas!!! Je vous laisse encore deux semaines, déclare le Rachach. Mais si vous refusez de rembourser, je vous convoque au Beth Din! La caisse de prêts ne m’appartient pas, et je ne peux pas accepter de lui laisser perdre une somme pareille.»

Voyant que toute discussion était inutile, le tailleur se tait. Il est mortifié.

La parole du tailleur contre celle du Rachach...

Le tailleur affirmait avoir payé sa dette mais il n'avait pas de témoin : le Beth Din trancha donc qu'il devait prêter serment. Quelques semaines plus tard, le Rachach remit ses comptes à jour. Tiens, le tailleur n’avait pas payé sa dette? Peut-être était-il dans la gêne? Le Rachach décida d’attendre encore un peu. Mais voyant que le temps passait, il convoque son débiteur :

«- Que se passe-t-il? Pourquoi n’avez-vous pas payé votre dette? L’échéance est passée depuis longtemps, et j’ai attendu plus que de coutume… Vous êtes dans l’embarras, peut-être?

- Ma dette? Bégaie, le tailleur, mais… je l’ai remboursée, j’ai apporté toute la somme le jour convenu!

- Comment?

- Mais oui, souvenez-vous! Vous étiez absorbé, j’ai laissé l’argent sur la table.

- Vous osez prétendre que vous me l’avez remboursée, que vous l’avez mis sur la table! Non, mon ami, vous ne m’avez rien rendu! Mais je veux bien attendre encore un petit moment, puisque cet argent semble vous faire défaut. Seulement, soyez gentil, ne me racontez pas d’histoires!

- Mais, je ne raconte pas d’histoires, insiste le petit tailleur ulcéré. Je vous ai remis l’argent!

- Vous ne m’avez remis aucun argent: voyez le registre! Vous savez bien que j’efface toujours les dettes dès qu’elles sont remboursées. Je n’ai jamais reçu d’argent. N’insistez pas!!! Je vous laisse encore deux semaines, déclare le Rachach. Mais si vous refusez de rembourser, je vous convoque au Beth Din! La caisse de prêts ne m’appartient pas, et je ne peux pas accepter de lui laisser perdre une somme pareille.»

Voyant que toute discussion était inutile, le tailleur se tait. Il est mortifié.

La parole du tailleur contre celle du Rachach...

Le tailleur affirmait avoir payé sa dette mais il n'avait pas de témoin : le Beth Din trancha donc qu'il devait prêter serment.

Le tailleur, qui savait la vérité, déclara qu’il était prêt à jurer. Mais le Rachach, certain que le malheureux, dans sa gêne, avait inventé toute l’histoire, et se rendrait, s’il jurait, coupable d’un parjure, fut pris de terribles scrupules: comment pouvait-il accepter de laisser un Juif faire un faux serment, une faute extrêmement grave!

«-Je renonce à recouvrer la somme prêtée, déclara le Rachach. Je la rembourserai à la caisse de ma propre poche.

-Mais je l’ai payé! Protesta encore une fois le tailleur. Je suis prêt à le jurer!

- Vous n’avez pas payé! Tant pis… Mais je ne veux pas que vous juriez! J’abandonne l’affaire!»

Le bruit se répandit bientôt, dans la ville que le Beth Din avait obligé le tailleur à jurer, mais que le Rachach, ne voulant pas le pousser à faire un faux serment, avait renoncé à recouvrer son argent. Les langues, comme on se l’imagine, allèrent aussitôt bon train.

Quelle inpudence de la part du tailleur! Non seulement il avait osé voler –on voulait bien admettre, à sa décharge, qu’il s’imaginait sans doute que voler la caisse de bienfaisance ne s’appelait pas vraiment voler- mais il avait, de plus, osé mettre en doute la parole du Rachach! Comment avait-il l’audace de soutenir qu’il avait remboursé sa dette, alors que le Rachach affirmait le contraire? C’était assez fin de sa part, d’ailleursil était facile de prétendre que le Rachach, absorbé par l’étude, ne l’avait pas remarqué. Sans doute avait-il espéré, s’il se montrait suffisamment affirmatif, que le Rachach ne s’en souviendrait pas assez parfaitement pour le contredire. C’eût été mal connaître le Rachach qui notait toujours tout avec tellement de soin.

On commença à éviter Rabbi Zalman. Comme toujours dans un cas de ce genre, quelques personnes zélées, affirment que c’était une mitsva de ne plus le fréquenter. On déserta sa boutique, on cessa de lui commander des vêtements… Le tailleur, peut à peu, vit ses affaires péricliter jusqu’à ce qu’il se retrouve pratiquement sans le sou. Il vendit sa maison pour quitter cette ville où son nom était devenu tristement célèbre, et alla s’installer dans les faubourgs. Là, il réussit péniblement à se faire une maigre clientèle, gagnant tout juste de quoi ne pas mourir de faim.

Les mois et les années passèrent.

N’est-ce pas la Providence qui décide du moment auquel doit se produire chaque événement ?

Mais voilà qu’un beau jour, le Rachach, au cours de son étude, eut besoin d’un ouvrage qu’il n’avait pas eu l’occasion de consulter depuis fort longtemps. Le Rachach avait tiré le gros livre de son rayonnage et il s’apprêtait à l’ouvrir quand, à sa stupéfaction, une liasse de billet s’en échappa. Que signifiait cet argent? En un éclair, toute la scène oubliée lui revint en mémoire. La question difficile, l'interruption du tailleur, l'argent distraitement glissé entre les pages du livre et l'oubli, ensuite... Mais alors?... Le malheureux tailleur! Il avait parfaitement raison! Et le Rachach qui n’avait même pas voulu le laisser jurer! On peut aisément imaginer les sentiments qui étouffèrent le Rachach à ce moment. Comment pourrait-il jamais réparer le tort qu’il avait fait au malheureux? Avant tout, il fallait lui demander pardon. Pour le reste… Le Rachach s’élança aussitôt pour courir chez le tailleur. Mais celui-ci avait disparu… C’est ainsi que le Rachach apprit que sa situation difficile avait obligé Rabi Zalman à quitter laville. Plus le Rachach en entendait, plus il était bouleversé! Il se rendait compte que c’était un véritable crime qu’il avait commis, et il fallait le réparer! Sans perdre de temps, il s’employa à obtenir la nouvelle du tailleur, et il se mit en route. - Je vous en supplie, pardonnez-moi! Éclata-t-il en sanglots dès qu’il vit Rabbi Zalman. Vous aviez raison. Vous m’aviez rendu l’argent. Je viens de le retrouver, et je me suis brusquement rappelé de ce qui s’était passé! - Je ne peux pas vous pardonner! répondit Rabbi Zalman avec embarras. Comment pourrais-je prétendre que je vous pardonne? Par votre faute, j’ai perdu ma réputation, j’ai perdu mes clients et je suis devenu la risée de la ville. Savez-vous quels noms on me donne: voleur… brigand… menteur… - Pourrai-je tout simplement vous pardonner, à présent, parce que vous avez fini par vous souvenir que je vous ai rendu l’argent? Vous avez raison… admit pensivement le Rachach. Je vais passer dans toutes les synagogues et les maisons d’étude de la ville pour réparer mon erreur! Je vais annoncer partout que c’est moi qui m’étais trompé! Cela ne servirait à rien répéta le tailleur en hochant la tête Que diront les gens? Que le Rachach, qui a bon cœur, a eu pitié du pauvre tailleur! Pour ramener à celui-ci sa clientèle perdue et assurer son gagne pain, il a décidé d s’accuser lui-même. Mais, diront-ils, nous savons bien ...la vérité…»

Force fut au Rachach d’admettre que le tailleur avait raison. Que faire, alors? Le Rachach sentait qu’il n’aurait pas de repos tant qu’il n’aurait réparé son terrible tort. Il fallait trouver quelque chose!

«- J’ai une idée! Vous avez un fils, n’est-ce pas? Moi, j’ai une fille! Je suis certain que si votre fils devenait mon gendre, plus personne n’oserait plus prétendre que je vous donne raison simplement par pitié Tous seront obligés d’admettre que si j’accepte de conclure un mariage entre nous, la vérité est bien telle que je la si, et que vous êtes un homme d’une honnêteté qui n’aurait jamais dû être mise en cause!...

- J’accepte, fit le tailleur, les yeux brouillés de larmes d’émotion. Dans ce cas, j’accepte de vous pardonner!»

C’est ainsi que le fils de Rabbi Zalman, le petit tailleur, devint le gendre du Rachach, le Grand de la génération.

Quarante jours avant la naissance d’un enfant, disent nos Sages, une voix dans le ciel, déclare: «La fille d’Untel est destinée à Untel!»

Par conséquent, ajoute Rabbi Schwadron, la fille du Rachach était de toute évidence destinée à devenir l’épouse du fils du tailleur! Oui, mais… : le tailleur était… un tailleur, le Rachach était le Grand de la génération!

Comment un mariage entre eux aurait-il seulement pu être envisagé ?

Comment?

Ne savez-vous pas que les voies de la Providence sont innombrables, et qu’elles sont imprévisibles! Le tailleur irait peut-être emprunter de l’argent et le Rachach, contrairement à toute éventualité, oublierait d’inscrire que le prêt avait été rendu… Vous connaissez la suite.

Nous ne prétendons pas interpréter des évènements qui, certes, nous dépassent… Nous ne faisons, au contraire, que raconter une suite d’incidents qui, en réalité, parlent d’eux-mêmes...

 

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